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Intervention au conseil municipal du 25 mai 2016

 

 

Monsieur le Maire,

Ce Projet d'Aménagement et de Développement Durable (PADD), 1e étape de révision de notre Plan Local d'Urbanisme (PLU), présente les grandes orientations pour l'évolution de notre ville. Il sera précisé dans un 2e temps par le règlement.

 

Nous en partageons les grands axes politiques.

Notre ville doit se développer, mais de façon raisonnée. C'est ce que nous avons toujours défendu. De façon raisonnée, c’est-à-dire en préservant son caractère et son cadre de vie qui font son attractivité.

On se rejoint sur les actions en faveur du développement durable et de la préservation de l'environnement. D'ailleurs, vous dites "poursuivre", vous vous inscrivez bien dans la continuité.

 

A vrai dire, ces axes, et un grand nombre des orientations présentées, figuraient dans la révision du PLU de 2013. La différence c'est le scenario de développement retenu.

En vous entendant dérouler votre présentation, en réunion publique, nous avons pensé être victimes d'hallucinations. Comment ? C'est vous qui proposez cela ? C'est votre majorité qui va voter ce PLU, après tous les tracts distribués pendant le mandat précédent et pendant la campagne ?

Vous parlez de responsabilité, de réalisme, on pourrait en convenir. Il n'en reste pas moins que le SDRIF a été voté en décembre 2013, après de longues années de préparation. Pendant ce temps, les prescriptions en matière de densification existaient, et vous nous les avez reprochées !

Donc vous saviez que vous devriez densifier, et vous vous êtes fait élire en proposant un statu quo, en promettant l'arrêt des constructions collectives et des pavillons.

Vous essayez de nous faire croire maintenant que le problème que vous dénonciez c'était "les pavillons au chausse-pied" selon votre formule. Mais pour l'instant, votre prévision de construction de pavillons, 13 pavillons en moy. par an contre 19, est très probablement en grande partie le résultat de la révision du PLU de 2013, qui corrigeait ce problème identifié.

Non, vous avez dit "stop au bétonnage" et les Eaubonnais ont cru que vous reviendriez sur ce que nous appelions la "densification raisonnée". Vous aviez tous les éléments en main, vous les avez trompés.

 

Responsables, nous le sommes, et nous ne nous contenterons pas de dénoncer votre posture de campagne.

Rentrons dans vos propositions.

Privilégier la proximité des gares et le centre-ville pour densifier. Oui. C'est en créant des pôles que nous pourrons développer les activités et en particulier celle de proximité, professions libérales, commerces.

Vous sacralisez toutefois encore des zones vertes au Nord de la ville. Nous ne partageons pas ce point de vue, même si nous le comprenons, sur ce point c'est une de vos promesses. La ville est déséquilibrée, avec l'essentiel des zones vertes importantes au Nord. Un autre équilibre est possible, avec le renforcement des transports en commun que vous pointez, qui est un axe fort pour la communauté d'agglo Valparisis qui en a la compétence.

Dans ce cadre, nous regrettons en particulier l'abandon de la fin du projet du Val Joli. Outre son coût considérable, perte de plus de 3 Millions d'euros, les services et/ou les commerces qui devaient animer la place centrale du Val Joli ne pourront jamais assurer ce rôle après votre décision de ne pas construire 100 logements. Si vous étiez en désaccord avec le projet retenu, vous pouviez en réaliser un alternatif.

 

Sur les secteurs à enjeux :

Les projets auraient pu être précisés. Nous devons nous contenter d'une bonne intention "définir des gabarits et des formes urbaines adaptées au contexte urbain de chaque site". Même si le PADD contient des orientations, on est malgré tout dans le flou.

Ce flou empêche de comprendre comment seront atteints les objectifs de constructions. Il faut dire quels sont les projets, la hauteur, la densité. D'autant que ces objectifs que vous vous fixez sont très importants.

Je le redis, proximité des gares, centre-ville, sont des secteurs à enjeux. Un questionnement fort toutefois concernant l'urbanisation pour la partie sud, gare du Champ de courses, et Sud du BIP.

Les nouveaux secteurs d'action de l'EPFIF n'apparaissent pas, et notamment le secteur Cerisaie. Nous le verrons peut-être dans la 2e phase du PLU.

Un questionnement aussi sur les projets que vous envisagez dans les secteurs Av. de l'Europe et Gabriel Péri, secteurs dont nous avions engagé l'aménagement et qui font consensus, pour terminer l'aménagement du centre-ville.

 

S'agissant des logements sociaux, vous reprenez l'approche d'un pourcentage dans chaque opération. Au-delà, il faudra veiller à la répartition dans la ville, pour conforter la mixité dans les différents quartiers.

Une part de ces logements sociaux sera réalisée par une résidence étudiante de 100 logements. Nous sommes un peu dubitatifs quant au besoin, et plutôt favorables à une résidence de jeunes actifs, c’est-à-dire des logements pour les Jeunes Eaubonnais qui démarrent dans la vie. Ce serait mieux de favoriser leur parcours résidentiel sur la commune ou l'agglomération. On sait le besoin très important, compte tenu du niveau des prix immobiliers, conséquence de l'attractivité de la ville, et qui sont un vrai frein pour les jeunes.

 

Beaucoup de secteurs sont identifiés, quelle sera votre stratégie de mise en œuvre ?

 

Ce PADD, logiquement, consacre un volet au développement économique. Cela rentre aussi dans les prescriptions du SDRIF. Sur ce plan, notre potentiel est toutefois limité, du fait du choix historique d'une ville résidentielle et du foncier rare. La mutation des zones artisanales sera très lente. Au-delà de l'activité commerciale, ce n'est pas sans raison que le développement économique est une compétence de l'intercommunalité, pour partager les atouts des différentes villes.

 

Pour terminer, fallait-il réviser le PLU ?

La dernière révision date de 2013, c'est la nôtre, et voté avec vous. Elle prévoyait moins de constructions que cette révision-là. On pouvait attendre et poursuivre vers une densification moins importante que celle que vous proposez. Le SDRIF n'oblige pas à revoir le PLU, c'est lorsque l'on revoie le PLU qu'il faut intégrer les prescriptions du SDRIF.

C'est donc vous qui décidez de revoir le PLU. On a vu que l'argument de la protection pavillonnaire ne tenait pas. C'est donc un choix politique de densification que vous mettez en œuvre, contre toute attente.